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Fishbach : « Les tremplins m’ont apporté énormément »

Cet article fait partie de la série "Tremplins et programmes d’accompagnement : la voie du succès ?" en 5 volets.

 

Le FAIR, les INOUIS du Printemps de Bourges, Le CHANTIER des FRANCOS, le concours RICARD SA LIVE MUSIC, Le MEGAPHONE TOUR…les tremplins nationaux (et les programmes d’accompagnements) pour aider les jeunes artistes à trouver leur public, et à se faire repérer par les professionnels sont très nombreux.
Et si nous posions la question à des artistes qui ont bénéficié de ces aides à leurs débuts ?
> Radio Elvis (1/5)
> Marvin Jouno (3/5)

 


 

Son nom de scène claque comme un coup de fouet. C'est sans son prénom (Flora) que la chanteuse originaire des Ardennes a choisi de lancer sa carrière musicale. Lauréate des Inouïs à Bourges l’an dernier, la jeune révélation est cette année l’une des invitées du Printemps. Son ascension fulgurante, la révélation Fishbach la doit aussi sans doute aux dispositifs de soutiens à la création, dont elle nous parle ici en détails…

 

Fishback
© Melanie Aubies

Au départ, Flora Fischbach arpente les scènes françaises, entre Reims, Rennes ou Paris…

Du talent, elle en a, mais elle n’est pas la seule.
Il lui faut alors le prouver, le montrer, encore et toujours, pour tenter de percer dans cette bulle musicale qui peut faire peur par tant d’opacité…

Alors, les dispositifs de soutiens aux artistes, pourquoi pas ?
Bien moins troubles que la télé réalité, on participe à des tremplins mais dans l’ombre, jusqu’à ce qu’un jour, qui sait… la lumière diffuse son premier rayon, halo d’une reconnaissance artistique si longtemps rêvée.

 

Fishbach a tout d’abord la chance d’être aidée ponctuellement, et très localement.
« Avant Les Inouïs du Printemps de Bourges et le FAIR, j'ai été accompagnée par la Cartonnerie (la SMAC de Reims NDLR). Ils m'ont donné des coups de main, m'ont aidée à monter des dossiers quand j'étais toute seule », indique Fishbach, avant d’ironiser sur le statut d’artiste : « Nous les artistes, on est bon qu'à faire des chansons et donner des spectacles. Tous les à-côtés sont très importants et moi ça, je ne sais pas les gérer, donc oui, je pense que j'aurais jamais su monter des dossiers etc…si je n'avais pas eu ces gens autour de moi pour m'aider ».

 

Un accélérateur de potentiels

 

Et seulement deux ou trois ans plus tard, Fishbach est l'une des révélations de la nouvelle scène pop française, aux côté d'artistes comme Clara Luciani, Cléa Vincent ou Juliette Armanet.
On lui prête parfois la profondeur d'un Christophe ou la folie d'une Catherine Ringer. Pas mal pour une artiste de 25 ans qui a sorti son premier album début 2017, intitulé A Ta Merci

 

Comment en est-elle arrivée là ? A ce stade de notoriété nationale alors qu'en 2015, personne ou presque n'avait eu vent de son art ? Les dispositifs de soutien musical sont passés par là, flairant son potentiel certain.

 

Ce fut le cas des Inouïs du Printemps de Bourges en 2016, qui ont consacré Fishbach dans la catégorie Chanson/World
Au début, l’aspect compétition ne correspondait cependant pas à la personnalité de Fishbach. « Je n’étais pas très fan du côté "tremplins" à la base. C'est une forme de compétition qui m'ennuie...J'appréhendais un peu car le Printemps de Bourges est un gros rendez-vous des professionnels de la musique, mais finalement ça s'est très bien passé. C'était un beau concert et j'ai rencontré plein de gens là-bas. La suite, c'est qu’avec le prix en poche, on a tourné 5 jours d'affilée. Et c’était génial », confie la chanteuse, qui n’a donc pas regretté d’avoir  « postulé » aux Inouïs, bien consciente du coup d’accélérateur que ce dispositif a pu donner à sa carrière. « C’est une énorme exposition médiatique, donc quand tu as de la chance comme moi, ça rapporte pas mal de dates de concert et de bouche-à-oreille », concède Fishbach.

 

 

Le FAIR : un soutien pérenne

 

Fishbach a également été lauréate du FAIR (le premier dispositif de soutien au démarrage de carrière et de professionnalisation en musiques actuelles, NDLR) et en garde un souvenir impeccable. « Le FAIR nous aide techniquement, financièrement, et propose aussi plein de formations. C'est un super soutien. Ils sont beaucoup en contact avec le Bureau Export, qui aide à trouver des dates à l'étranger ».
Avec ce dispositif de soutien créé en 1989 à la demande du ministère de la Culture, les artistes émergents peuvent bénéficier d’une aide en cinq axes : l’aide financière, l’aide à la diffusion, le soutien en communication, les formations techniques et le management et le soutien juridique. Du pain béni pour les artistes, qui souvent ne maitrisent que leur art au départ…

 

Le FAIR s’inscrit donc plutôt dans un projet à long terme dans le développement artistique. « Ce qui est génial avec le FAIR, c'est que ce n'est pas un tremplin, mais un vrai accompagnement, et pas seulement sur une année...Ils t'aident sur le long terme, ils te suivent. Il y a des artistes qui ont été lauréats du FAIR il y a des années et qui sont toujours suivis par cette structure. C'est super appréciable », poursuit la musicienne, qui regrette de ne pas avoir eu le temps de participer aux formations proposées, tant sa carrière montait en puissance et qu’il fallait assurer les tournées. « Je n'ai pas pu bénéficier des formations du FAIR car j'avais un emploi du temps de fou ! C’étaient des formations sur la gestion de carrière, comment se comporter en promo etc… mais aussi sur des aspects techniques comme la MAO (musique assistée par ordinateur, NDLR). Bref c'est vraiment varié ».

 

 

Transmusicales de Rennes : une vraie école du live

 

Dans le cadre du festival défricheur de talents les Transmusicales de Rennes, les artistes peuvent jouir d’un lâcher prise artistique total, totalement galvanisant pour un artiste en développement. Fishbach s’est vue confier la création annuelle des Trans fin 2016,  une résidence suivie de cinq soirs de représentations pendant le festival !

"Aux Transmusicales de Rennes, j'ai fait en un mois ce que j'aurais fait en un an… Et ce grâce aux nombreux concerts d'affilée que j'ai donnés là-bas. Je n'avais pas de groupe alors il a fallu en monter un, le tout dans une ambiance géniale. Une super expérience très formatrice », confie Fishbach.

 

Globalement, Fishbach, qui jouit maintenant d’une estime artistique et d’une reconnaissance d’un public toujours grossissant, garde un souvenir très positif de ces soutiens à la création musicale. « C'est vrai que tout ça est très protocolaire mais en même temps, ça m'a apporté énormément de choses... ».

Et Fishbach de conclure en se fendant de petits conseils aux jeunes artistes naissants, dont elle faisait partie il y a seulement quelques mois… « Pour tenter de percer, il faut se concentrer uniquement sur sa musique, et beaucoup déléguer le reste... S'occuper d'un artiste, c'est un talent. Et des gens savent très bien le faire. Donc, il faut lâcher la rampe et savoir déléguer. Et ne pas avoir peur lorsqu'on est refusé dans un dispositif de soutien. Il faut persévérer ».

À bon entendeur...

 

Arnaud de Vaubicourt