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MARVIN JOUNO : « J’ai été flatté d’être sélectionné par des tremplins »

Cet article fait partie de la série "Tremplins et programmes d’accompagnement : la voie du succès ?" en 3 volets.

 

Le FAIR, les INOUIS du Printemps de Bourges, Le CHANTIER des FRANCOS, le concours RICARD SA LIVE MUSIC, Le MEGAPHONE TOUR…les tremplins nationaux (et les programmes d’accompagnements) pour aider les jeunes artistes à trouver leur public, et à se faire repérer par les professionnels sont très nombreux.
Et si nous posions la question à des artistes qui ont bénéficié de ces aides à leurs débuts ?
> Radio Elvis (1/3)
> Fishbach (2/3)

 


 

Il revient du Brésil. Il a chanté à Rio et Brasilia. Pourtant, il y a deux ans, personne ne connaissait ses chansons en France. Marvin Jouno est un symbole des bienfaits des programmes d’accompagnement qui aident à l’émergence de nouveaux artistes des musiques actuelles.

 

Marvin Jouno
© Elise Toide

Lauréat du Fair, bénéficiaire de l’aide à l’accompagnement de carrière de la Sacem, finaliste des Prix Deezer Adami, Marvin Jouno a découvert en 2016 ce type d’aides « avec surprise ». « J’ai même été flatté d’être sélectionné ».

En 2015, il sort son premier EP Ouverture composé de 4 titres et débute une collaboration avec le label Un Plan Simple/Sony Music.

En 2016, son premier album s’intitule Intérieur Nuit. Il le met en image à travers un moyen métrage de 48 minutes. Une démarche rare, originale qui en dit long sur sa volonté d’installer son univers.

 

 

Héritier d’une pop en français mais influencé par la musique anglo-saxonne, Marvin Jouno a découvert l’emballement médiatique en quelques mois, en même temps que son nouveau métier.
« Les premières parties de concerts de têtes d’affiche comme Zazie, m’ont aidé à progresser sur scène. La récurrence des dates, une dizaine, m’ont permis de corriger des détails, d’acquérir des automatismes. Il faut affiner la proposition ».

 

Mais pour en arriver là, il faut être sélectionné, avoir un entourage professionnel, car l’investissement de ces programmes d’accompagnement est conséquent : des bourses, des conseils, des formations, des opportunités de dates de concert en France et à l’étranger…

 

Le Fair, par exemple, sélectionne 15 artistes chaque année sur les 150 présentés au comité artistique.
« Le Fair, c’est une véritable boite à outil, un vrai bagage pédagogique. On commence par rencontrer l ‘équipe pour un tour d’horizon des besoins. On nous explique les contrats, et puis il y a la bourse, qui nous a permis de financer des répètes. Il y a un vrai suivi, un esprit familial. J’ai chanté pour le Fair dans un show case Fnac, il y a la tournée Fair Le Tour qui m’a permis de me produire à Besançon ces derniers jours, ou encore une Fair party programmée en juin au Café de la Danse à Paris. Cela m’a également ouvert les portes du réseau des Instituts français dans le monde. C’est comme cela que je reviens du Brésil, que j’irai peut être en Chine en juin, et de manière certaine en Algérie en décembre. »

 

C’est ainsi que depuis 2015, Marvin Jouno cumule une soixantaine de dates dans le cadre de sa première tournée, le Brésil étant à ce jour sa première expérience en dehors de l’espace francophone.
«  J’ai été surpris de voir une forte population étudiante brésilienne plus que francophone. J’ai présenté l’album en piano voix avec projection du film  « Intérieur Nuit ». Comme je considère mes textes au centre du projet, j’étais inquiet de savoir comment les sept cent personnes allaient comprendre le sens. C’est une expérience forte car on se retrouve sans repères et l’on doit veiller à communiquer différemment entre les chansons. Ce qui est étonnant, c’est de constater que le public étranger se déplace plus facilement voir un artiste qu’il ne connaît pas, que lors de concerts en régions. »

 

 

Auteur et compositeur, Marvin Jouno a pu également  bénéficier du programme d’accompagnement de carrière de la Sacem. Là encore, une bourse pour aider au développement du projet avec une part réservée à l’écriture, le disque et la scène.
« Cette bourse nous a permis d’investir l’essentiel sur le live avec une résidence pour mettre en place la scénographie avec un "ingé" lumière pour la date de la Maroquinerie à Paris en novembre dernier. On a également pu élargir l’équipe de musiciens pour la tournée en s’entourant d’un batteur pour gagner en relief et se rapprocher du son de l’album. On est donc désormais cinq. D’autre part, il y a une exposition scénique via la Scène Sacem aux 3 Baudets à Paris, ou par ma présence aux prochaines Francofolies de Montréal cette année. »

 

Signal de la volonté d’installer son identité artistique, la réédition de son premier album, dans une nouvelle version enrichie du film, de titres et versions inédites. C’est également le moyen pour permettre à ce jeune artiste de continuer à chercher, créer pendant que le public le découvre.
Il a choisi actuellement de s’isoler quelque part en Bretagne entre deux concerts, pour écrire la suite, dès demain.

 

Thierry Lecamp